Côte de Nacre magazine. Edition 2017/2018 - page 15

Lors des dernières cérémonies du 6 juin
Emilie avec son petit garçon
C
ôte
de
N
acre
M
agazine
• 15
LE SENS D’AUTRUI
La jeune femme âgée de 29 ans demeure dans le quartier
de la gare à Caen. Dans le civil serions nous tentés de dire,
elle est aide médico-psychologique aux « Jardins d’Elsa »
à Ifs persuadée que les personnes âgées « ont beaucoup
de souvenirs et plein de choses à raconter ». Et comme
Emilie à un haut sens d’autrui, elle est également sapeur
pompier volontaire à la caserne d’Ifs. La guerre pour elle
c’est d’abord ce grand-père résistant. C’est ensuite grâce à
un ami de son père qu’elle s’est trouvée enrôlée dans toutes
ces commémorations et aux camps qu’elle fréquente
régulièrement : « une fois j’ai accompagné mon père au
camp du Trait, camp inter alliés des boucles de la Seine
scrupuleusement reconstitué avec infirmerie, atelier
mécanique, tente de radio transmission sans parler d’une
très belle exposition de véhicules et de tenues » ; Emilie
est conquise « c’était magique et c’est de loin le plus beau
camp auquel j’ai participé. On avait l’impression d’être
dans une autre époque. Pour moi ça a été le déclic et j’adore
participer aux commémorations ». Des souvenirs elle en
a plein la tète mais celui qu’elle n’est pas près d’oublier
c’est cette rencontre avec Léon Gautier, un des derniers
survivants du Commando Kieffer lors des cérémonies
du 70
éme
anniversaire du Débarquement à Ouistreham :
« pouvoir voir les vétérans , leur parler et assister à cette
rencontre entre Léon Gautier, l’ancien commando Français
et Johannes Borner, l’ancien parachutiste Allemand,
se tenant main dans la main, quelle énorme moment
d’émotion ».
UNE PASSION DEVORANTE
Emilie participe à de nombreux camps tant en France qu’à
l’étranger. Il lui arrive même pendant les vacances de se
rendre au Muy dans le midi à l’occasion de la libération de
la ville.
Son mari fait partie de la 82
ème
Airborne et son père de
la 101
ème
. Elle est le plus souvent en civil avec son petit
garçon « car les civils ont joué un rôle important pendant
la guerre et c’est une façon de leur rendre hommage ». Pour
assouvir sa passion « dévorante » et récupérer plaques de
publicités et tenues d’époque, Emilie parcourt les bourses
militaria, chine chez Emmaus, se branche sur internet.
Elle touche le tissu, scrute les étiquettes et, si elle a le
moindre doute , a recours à un ami expert qui authentifie
l’objet. La collectionneuse possède aujourd’hui 35 tenues
sans compter les deux dernières acquises récemment : « il
s’agit d’un tailleur d’époque d’été à manches courtes datée
de 1943 et d’une tenue d’infirmière pour laquelle je vais
devoir trouver les accessoires, brassard, pinces… ». Mais
les passions provoquent souvent des contraintes. A chaque
trouvaille, l’appartement d’Emilie devient de plus en plus
exigu. Qu’importe. Elle caresse l’espoir de pouvoir acquérir
un jour des véhicules. Quand on aime… !
Nous avons rencontré Emilie Gouvernon un peu
par hasard lors des dernières commémorations
du Débarquement à Courseulles-sur-Mer, devant
le Centre Juno Beach. C’était le 5 juin. Il faisait
beau et Emilie était à bord d’une jeep Willys
accompagnée de Patrick et Xavier, son père et
un ami. Elle arborait une robe « bouton d’or »
des années 40 et semblait sortie tout droit d’une
autre époque. Elle se prêtait volontiers au cliché
partant du principe que « si on ne veut pas se
faire prendre en photo on ne commémore pas
le Débarquement et si on ne veut pas échanger,
il ne faut surtout pas se rendre dans les camps
militaires reconstitués ».
ELLE EN POSSEDE TRENTE SEPT !
EMILIE « JOLIE » COLLECTIONNE
LES TENUES D’UNE AUTRE EPOQUE.
1...,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14 16,17,18,19,20,21,22,23,24,25,...40
Powered by FlippingBook