Côte de Nacre magazine. - page 18

L’idée du canal pour rejoindre Caen à la mer ne date pas
d’hier et a fait l’objet d’un très long feuilleton. Pour preuve, les
premiers travaux portuaires ont été réalisés à partir de 1104
sous l’impulsion du fils de Guillaume le Conquérant, Robert
Courte-Heuse. Des aménagements nécessaires pour favoriser
notamment le transport de la pierre de Caen vers l’Angleterre
afin de réaliser des monuments tels que la Tour de Londres.
Mais l’envasement progressif finit par rendre la navigation dif-
ficile et au XV
ème
siècle, le trafic diminue. Deux siècles plus tard,
Colbert, ministre de Louis XIV envoie Vauban lui-même pour
trouver une solution mais Colbert décède en 1683 et le projet
est abandonné. Ce n’est qu’en 1804 que Lescaille, ingénieur en
chef des Ponts et Chaussées suggère la construction d’un canal
qui déboucherait à Ouistreham. Napoléon croit dur comme fer
à ce projet et se rend en personne sur place en 1811 convaincu
du potentiel maritime de Caen. Une fois de plus le projet tombe
à l’eau après la chute de l’Empire. C’est finalement en 1836, sous
Louis Philipe que les choses vont être définitivement scellées.
Le projet est validé le 12 août par les élus Caennais.
18 ANS DE TRAVAUX !
C’est en 1839 que débute le chantier, un chantier pharaonique
qui nécessite la présence de 600 ouvriers. La fiche technique
de l’époque indique les caractéristiques du canal : 14 kilomètres
de longueur, 4 mètres de profondeur, une largeur variant entre
12 et 27 mètres (il faut savoir qu’à l’heure actuelle le canal peut
atteindre 10 mètres de profondeur et 200 mètres de largeur).
Le tracé du canal prévoit deux écluses : une à l’entrée du canal
de Caen, l’autre à Ouistreham. En 1845, la terre provenant du
creusement du canal est utilisée pour la construction et la
piste de l’hippodrome de Caen. Bien après l’inauguration du
canal en 1857, une écluse supplémentaire est inaugurée en
1903. En 1963, le vieille écluse d’origine de Ouistreham datant
de 1857 et qui possède une ouverture de 16,50m est rempla-
cée par une nouvelle écluse beaucoup plus importante dont
la longueur atteint 225 mètres et la largeur 28,84 mètres pour
accueillir des bateaux de plus gros tonnage.
LA PLAQUE RETROUVÉE
Lors des travaux qui durent trois ans (1961-1963), la plaque de
l’ancienne « Ecluse Oyestreham 1857 » alors fixée sous le pont,
est démontée et déposée dans la cour de la caserne des pom-
piers parmi des choses hétéroclites destinées à être mises au
rebut. C’est alors qu’en 1980, Daniel Tampier, pompier volontaire
comme son père et son grand-père avant lui , particulièrement
attaché à l’histoire de sa commune, tombe sur la fameuse
plaque, la récupère et la range dans son grenier dans le but
de la sauvegarder. Plus tard, devenu chef de groupe au poste
de secours Daniel Tampier accroche la lourde plaque dans
son bureau et quand il quitte ses fonctions en 2004, il l’em-
mène avec lui et l’entrepose dans sa maison jusqu’au jour ou
il en parle à Romain Bail, le maire. Celui-ci entreprend les
démarches pour remettre la plaque chargée d’histoire dans
son contexte d’origine. C’est à l’occasion de la célébration des
160 ans du canal , le 26 août dernier, que la plaque a été réins-
tallée en grande pompe, juste hommage rendu à ce morceau
d’histoire du canal et des écluses auxquelles les Ouistrehamais
sont si attachés.
QUAND OUISTREHAM S’APPELAIT OYESTREHAM
L’ANCIENNE PLAQUE DE L’ÉCLUSE RETROUVÉE
C
ôte
de
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