Côte de Nacre magazine. Edition 2017/2018 - page 19

UNE RÈGLEMENTATION STRICTE.
Quand Maria parle d’Antonio, c’est vraiment
comme d’un frère et pour cause « nous sommes
différents mais tellement complémentaires. Du
coup on ne peut rien faire l’un sans l’autre et nous
avons toujours fonctionné en binôme ». C’est sans
doute cette complicité qui les a incités à installer leur entreprise
en janvier 2016 suite à une importante allergie contractée par un
de ses neveux. Du coup ils se sont penchés sur les savons d’au-
tant plus facilement que Maria en fabriquait déjà pour son usage
personnel et en offrait de temps en temps à des amies partant du
constat qu’on trompe tellement les gens avec des produits natu-
rels. De là est née une passion, quasiment une addiction. Il a fallu
dans un premier temps faire un stage sur la réglementation très
stricte et engager les démarches administratives importantes
car chaque produit doit avoir un DIP (document information pro-
duit). Les fiches techniques et les bulletins d’analyse de tous les
ingrédients sont soumis à un pharmacien ou à un médecin agréé
qui rédige un rapport pour confirmer qu’il n’y a pas de nocivité
pour la santé, rapport enregistré sur la Plateforme des Cosmé-
tiques Européens qui détermine la traçabilité, le numéro de lot…
C’est probablement la partie la plus délicate.
PAS QUE DES SAVONS !
C’est à partir de ce moment là que les Savons de Joya sont lan-
cés (ça signifie joie, bonheur en Portugais). Ils sont fabriqués à
Anguerny dans un espace qu’Antonio ne quitte pas de la journée.
Il produit à la demande en fonction des commandes qui elles, sont
centralisées à Douvres, dans le sous sol aménagé de la maison
familiale. Une demande qui ne cesse de croitre à tel point qu’une
prochaine embauche est envisagée. Les savons de Joya ce
sont aussi des shampooings solides adaptés à la typologie
du cheveu ou du soin nécessaire (pellicules, cheveux gras
ou frisés, cheveux d’enfants…), des après shampooings solides
« chose que personne ne fait », des déodorants solides naturels
« qui marchent bien et sur lesquels nous avons d’excellents re-
tours », des dentifrices solides naturels « ce sont des argiles »,
du rasage aussi, le savon de rasage remplaçant la crème à raser
« produit 100% naturel et biologique en plus ». Voilà pour ce qui
est de la production. A cela viennent s’ajouter des accessoires
complémentaires comme le blaireau, le porte blaireau, la brosse
à dents, la brosse à cheveux, le porte savon, la brosse à ongles,
les éponges Konjak (100% naturelles), les trousses de toilette le
tout sans pétrochimie. Comme le précise Maria « nous n’utilisons
pas d’eau ce qui empêche une prolifération micro biologique et
nous évite d’utiliser des conservateurs ». Les emballages sont
biodégradables, les peignes en bois ou en corne et tout est à
l’avenant.
BOUTIQUE EN LIGNE… MAIS PAS QUE .
Les fournisseurs sont particulièrement ciblés : huileries, dis-
tilleries du sud de la France pour les huiles essentielles et le
Biocoop du coin pour les parfums (citron, miel…) « pour faire
aussi travailler les commerçants de la Région ». Pour com-
mercialiser toute cette production ,il y a bien sur la vente en
ligne (
lessavonsdejoya.com
). Marie prépare quotidiennement
les commandes qui partent pas la poste. Mais « Les Savons de
Joya » adhère à certaines AMAP, travaille avec le réseau La niche
qui dit oui, démarche les coiffeurs, salons d’esthétique, les bou-
tiques Bio, la boutique Vrac qui va ouvrir à Caen, compte aussi
les réseaux sociaux, la vente sur place et… le bouche à oreille. Et
ça fonctionne plutôt bien. Quant au prix, il peut paraitre un peu
plus élevé au départ mais l’utilisation est largement plus longue
car on est dans du condensé. A titre d’exemple, la durée de vie
d’une mousse à raser est de neuf mois. Finalement, les produits
sont beaucoup moins chers. C’est simplement une autre façon
de consommer. Et comme il s’agit d’une affaire de famille, les
enfants sont impliqués chaque fois que le besoin s’en fait sentir.
Frère et sœur, Antonio et Maria ont toujours
vécu en France, leurs parents étant arrivés de
leur Portugal natal dans les années 60, leur
père ayant notamment participé au percement
et à l’aménagement du tunnel du mont Blanc.
De leur jeunesse ils se souviennent de cette
éducation très familiale faite de tolérance,
d’amour des autres et du sens des valeurs
qu’ils inculquent aujourd’hui à leurs enfants.
Antonio avait toujours travaillé dans le bâti-
ment. Quant à Maria elle a occupé le poste de
manipulatrice en radiologie au Centre François
Baclesse à Caen pendant vingt ans.
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ôte
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A DOUVRES-LA-DÉLIVRANDE
ANTONIO ET MARIA FABRIQUENT « LES SAVONS DE JOYA »…
… ET N’ONT PAS LE TEMPS DE « BULLER » !
Maria, Flavio, Léa et Antonio
Marie assure quotidiennement les envois
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